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C'était pourtant un dimanche banal avec un beau soleil, sans particularité. Je n'aurais pu deviner que ce jour là allait changer ma vie avec ce coup de fil à 16h19... Me revoyant arriver sur se putain de lieu, dans se putain de virage où ma vie a basculée. Je me revois arriver en courant, me précipitant sur ma s½ur qui était à terre... Je ressens encore ses tremblements atroces qui traversaient mon corps entier et qui depuis ne m'ont pas quittés. Je me sens me rapprocher d'elle en essayant de ne pas regarder autour, comme si mon champ de vision était rétréci. Elle me tenait la main pour me rassurer, alors que ça aurait dû être le contraire. Et puis je me revois retrouver la réalité en quelques minutes, me retourner... Mes yeux rivés sur ses deux corps nu à terre, derrière toute cette masse de pompiers faisant leur possible, leur acharnement produit pour les massages cardiaques, avec cette présence de défibrillateur, leurs doigts collés au niveau du cou pour prendre leur pou... Je les revois insister, persister, s'acharner encore & encore à compter le nombre de fois où ils s'acharnaient sur les pauvres torses de ses deux jeunes... Je ne bougeais plus, j'espérais... Le pire moment est survenu quand j'ai eu le malheur d'entendre « C'est finis pour elle, continuez sur lui », & sans vouloir me l'avouer... Continuer d'y croire... 10min plus tard le sort était jeter cette phrase : « Arrêtez tous il est mort » ne cessait de résonner encore & encore... Et pourtant je percevais qu'ils avaient toujours les yeux ouverts même si tout était terminé, mais moi je voulais y croire, encore ... me dire que tous n'était pas terminer, que leur dernier souffle ne serait pas ici, au sol, au centre cette route... J'aurais été arracher le drap blanc qui les recouvrait déjà... pour hurler qu'ils devaient se battre & s'en sortir... L'électrochoc de voir les pompiers ranger leurs matos me ramenait à la réalité... Je me sentais éteinte aussi à ce moment, je voyais ses corps allongés au milieu de cette route sans vie, avec leurs vêtements coupés, déchirés, leurs sacs sur la route leurs casques à côté... Je revois encore leurs corps bouger au rythme des massages cardiaques qu'ils subissaient depuis déjà de très longues minutes... Et puis à 2metre de là... Il y a avait leur moto au sol, cet objet inhumain pour lequel j'étais passionné avant, depuis c'est devenu l'objet mortel qui leur avait ôté la vie... Et je revois la moto de ma s½ur, la voiture de ma belle s½ur au milieu de cette de pute de route avec le pare choc plié... La ceinture détendu au maximum, ses airbags morts... Ses pneus complètement crevés... Je n'oublierais jamais l'emplacement de chaque personne, chaque véhicule, chaque objet, chaque débris. Avec ses flics faisant leur petit tour à questionner chaque personnes susceptible de leur donner des renseignements... Et puis cette fin terrible où ses décès partent couvert de leur drap blanc... Ma soeur sur se brancard dans le camion des pompiers & moi au milieu d'eux... Ses images ne me quittent plus elles me hante... Je vis dans la crainte... Une simple moto me traumatise, une sirène des pompiers me fait trembler, prendre le volant me noue l'estomac... Je n'oublie rien... J'hurle que dans se tragique accident il n'y a pas que ma s½ur qui a de simples blessures physique qui certes netterront un moment avant de guérir, j'hurle que 2 personnes ont laisser leur vie dans ce PUTAIN de virage... Voici le résumé de 2h de ma vie qui me bouffent, qui me font mal, qui me torture & que me font hurler de désespoir... Ce Dimanche 4 Octobre restera de loin le jour de ma vie le plus répugnant de mon existence. Pas un jour je ne reverrais pas le corps de M.P & C.B allongés sur cette route où ils ont laissé leur dernier souffle de leur jeunesse... Partagé entre colère & souffrance, je ne sais où me situer.... Être impuissante à côtés de 2 personnes qui perdent la vie, qui hurlent sûrement en silence, qui vivent leurs dernières minutes, jusqu'à leur dernier souffle & puis s'éteignent ... Est-ce supportable de vivre avec se poids ?
